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Surface corporelle

Calculez votre surface corporelle (BSA, Body Surface Area) avec 4 formules de référence en médecine (Mosteller, DuBois, Haycock, Boyd) et leur moyenne. Indispensable pour le calcul des doses médicamenteuses en oncologie et soins intensifs.

La surface corporelle (BSA, Body Surface Area) est exprimée en m² et sert principalement à calculer les doses de médicaments en oncologie, en pédiatrie, en cardiologie et en soins intensifs. Elle reflète mieux le métabolisme et la pharmacocinétique des médicaments que le poids seul. Plusieurs formules font autorité depuis le début du XXe siècle. La formule de DuBois & DuBois (1916) est historique mais complexe à calculer mentalement. Mosteller (1987) propose une simplification √((h × w) / 3600) presque aussi précise et utilisée dans la majorité des hôpitaux. Haycock (1978) est calibrée pour les enfants. Boyd (1935) est utilisée en soins intensifs. La HAS recommande de croiser au moins 2 formules pour les médicaments à index thérapeutique étroit (chimio, anesthésie).

Mosteller : BSA = √((taille × poids) / 3600) — DuBois : BSA = 0.007184 × w^0.425 × h^0.725 — Haycock : BSA = 0.024265 × w^0.5378 × h^0.3964 — Boyd : formule polynomiale

Formulaire

Formulaire

Poids (kg)

Votre poids actuel en kilogrammes. Pesez-vous le matin à jeun pour une mesure stable. La précision de la BSA dépend directement de celle du poids. Unité attendue : kg. Valeur généralement attendue entre 1 et 300. Le pas de saisie conseillé est 0.1.

Taille (cm)

Votre taille en centimètres (175 et non 1,75). Mesurez-vous debout, dos contre un mur, sans chaussures. Unité attendue : cm. Valeur généralement attendue entre 50 et 230. Le pas de saisie conseillé est 1.

Formule de calcul

Mosteller est la plus utilisée en médecine clinique (simple et précise). DuBois est la référence historique (1916), encore utilisée en recherche. Haycock est plus précise chez l'enfant. Boyd est utilisée en soins intensifs. Toutes donnent des résultats à ±5 % près. La moyenne des 4 est l'approche la plus prudente. Choix possibles : Mosteller (1987) - standard médical, DuBois & DuBois (1916) - référence historique, Haycock (1978) - précise enfant, Boyd (1935) - soins intensifs, ....

Interprétation

Repères de surface corporelle. Nouveau-né : 0,25 m². Enfant 10 ans : 1,1 m². Femme adulte moyenne : 1,5-1,7 m². Homme adulte moyen : 1,7-2,0 m². Adulte de grande taille / sportif : 2,0-2,2 m². Au-delà de 2,2 m², les ajustements posologiques sont individualisés (consultation oncologie ou réa). Une variation de 0,1 m² entre deux formules est normale et acceptable (écart-type ~5 %). Pour les médicaments à dose étroite (chimio anti-tumorale, anti-rejet, anesthésie), un ajustement par BSA précise est critique : une erreur de 10 % sur la BSA peut entraîner une sous-dosage ou un surdosage avec conséquences cliniques majeures.

Exemple concret

Femme de 65 kg pour 165 cm. Mosteller : √((165 × 65) / 3600) = √2,98 = 1,727 m². DuBois : 0,007184 × 65^0,425 × 165^0,725 = 1,701 m². Haycock : 0,024265 × 65^0,5378 × 165^0,3964 = 1,716 m². Boyd : ~1,712 m². Moyenne des 4 : 1,714 m². Écart maximal entre formules : 0,026 m² (1,5 %). Pour calculer une dose de chimio anti-tumorale dosée à 100 mg/m², la dose serait : 100 × 1,71 = 171 mg. Différence entre formules : ±2-3 mg, négligeable pour la plupart des médicaments mais critique pour ceux à index thérapeutique étroit.

À retenir

Trois usages cliniques essentiels (validés HAS, INCa). (1) Oncologie : la majorité des chimiothérapies sont dosées en mg/m² de BSA (méthode validée depuis Pinkel 1958). C'est pour ça que des poids identiques peuvent recevoir des doses différentes selon la taille. Les protocoles modernes utilisent souvent Mosteller (plus simple) ou DuBois (référence historique). (2) Pédiatrie : Haycock est recommandée par les sociétés pédiatriques pour les enfants <10 ans car elle ajuste mieux la croissance. Au-delà de l'adolescence, Mosteller convient. (3) Soins intensifs et cardiologie : la BSA sert à indexer la fonction cardiaque (Index Cardiaque = débit cardiaque / BSA), le débit rénal, et adapter les doses d'inotropes. Pour les patients obèses (IMC > 35), discussion en équipe pour ajustement (la BSA mesurée peut sur-doser certains médicaments hydrosolubles).

Pourquoi calculer la surface corporelle plutôt que le poids ?

Parce que le métabolisme, le débit cardiaque, le débit rénal et la pharmacocinétique de la plupart des médicaments corrèlent mieux avec la surface corporelle qu'avec le poids. Deux personnes de même poids mais de tailles différentes ont des surfaces différentes : un homme de 80 kg pour 175 cm a une BSA de 1,95 m², un homme de 80 kg pour 165 cm a 1,89 m². À dose identique en mg/kg, ils recevraient la même quantité, mais leurs surfaces d'échange (peau, intestin, alvéoles pulmonaires) diffèrent. Le dosage en mg/m² est plus physiologiquement juste. C'est pour ça que la majorité des chimiothérapies sont dosées en mg/m² depuis Pinkel (1958).

Quelle formule choisir : Mosteller, DuBois, Haycock ou Boyd ?

Selon le contexte clinique. Mosteller (1987) : la plus utilisée en pratique courante en France, formule simplifiée √((h × w) / 3600) presque aussi précise que DuBois et calculable mentalement. DuBois & DuBois (1916) : référence historique, utilisée en recherche clinique pour la reproductibilité avec les études antérieures. Haycock (1978) : recommandée pour les enfants <10 ans, plus précise sur les morphologies en croissance. Boyd (1935) : préférée en soins intensifs et chez les patients obèses (formule polynomiale qui capture mieux les non-linéarités). Pour les patients standards, les 4 formules donnent des résultats à ±5 % près. Pour les médicaments à index thérapeutique étroit, croiser au moins 2 formules est recommandé par la HAS.

Pourquoi DuBois donne souvent un résultat différent de Mosteller ?

DuBois sous-estime légèrement la BSA chez les personnes obèses (IMC >30) car la formule a été calibrée en 1916 sur 9 sujets non-obèses. Mosteller (1987) a recalibré sur une population plus large et donne typiquement +1 à 3 % de BSA chez les obèses. L'écart entre les deux est rarement supérieur à 0,05 m², négligeable pour la plupart des médicaments. Pour les obèses morbides (IMC >40), une formule alternative est parfois utilisée (Verbraecken 2006 ou ajustement par poids idéal). Pour les patients très âgés (>80 ans) avec sarcopénie, la BSA peut surestimer la masse métaboliquement active : la HAS recommande discussion en équipe.

Y a-t-il une limite haute de BSA pour les médicaments ?

Oui, beaucoup de protocoles chimio plafonnent la dose à BSA 2,2 m² (parfois 2,0 m²) pour éviter le surdosage chez les patients très grands ou obèses. Au-delà, la dose ne croît plus avec la BSA car : (1) la distribution médicamenteuse dans le tissu adipeux n'est pas linéaire pour les médicaments hydrosolubles ; (2) le risque de toxicité augmente plus vite que le bénéfice. Le protocole de chimio précise ce plafond. À l'inverse, chez les enfants <0,3 m² (nouveau-nés, prématurés), un ajustement par poids ou âge est nécessaire car les fonctions rénales et hépatiques ne sont pas matures.

La BSA s'applique-t-elle à toutes les chimiothérapies ?

À la majorité, mais pas toutes. Les chimios cytotoxiques classiques (5-FU, méthotrexate, cisplatine, doxorubicine) sont dosées en mg/m² de BSA depuis les années 1960. Les thérapies ciblées récentes (anticorps monoclonaux comme trastuzumab, immunothérapies anti-PD1) sont souvent dosées en mg/kg de poids, voire en dose fixe (mg total quelle que soit la taille). Pour ces nouveaux médicaments, l'INCa (Institut National du Cancer) précise le mode de dosage dans les recommandations. La BSA reste cependant utilisée pour les évaluations d'efficacité en recherche clinique et pour les protocoles standards de chimio classique.

Sources officielles

Informations vérifiées auprès des organismes de référence
  1. HASRecommandations sur le dosage en oncologie
  2. INCaInstitut National du Cancer - protocoles et recommandations
  3. NEJMMosteller RD, Simplified calculation of body-surface area (NEJM 1987)